À quoi faut-il être attentif quand on veut s’habiller responsable ?

Une chemise en lin n’est pas systématiquement dite « responsable ».

Nous aurions tendance à dire qu’une chemise en lin représenterait LA pièce modèle pour une mode responsable. Or, les mots « chemise » et « lin » représentent trop peu d’informations pour la caractériser de la sorte. Mais c’est quoi, un objet « responsable » ? Le terme « responsable », pour nous, regroupe les caractéristiques d’éco-responsabilité et d’éthique. Nous parlons donc de respect de l’environnement et de l’Homme. Or, la matière d’un vêtement ne fait pas tout car il ne représente que l’essence d’une matière et donc une infime partie de l’identité du vêtement.

Pour exemple, une chemise en lin ne pourra pas être dite « responsable » si le lin provient de champs en Amérique Latine cultivés par des enfants, que la fibre a ensuite été filée à quelques milliers de kilomètres de là, par des femmes abusées, qu’elle a été teinte à l’aide de produits chimiques produisant, à force, des maladies graves chez les travailleurs. Envoyée dans des ateliers textiles en Chine où les travailleurs, sous-payés et exerçant dans des locaux prêts à s’effondrer, produisent à partir de la matière et pour une bouchée de pain … Cette jolie chemise en lin que vous porterez fièrement sans même vous rendre compte de ces « coulisses ».

Vous l’aurez compris, énormément de choses se cachent derrière chaque vêtement exposé joliment sur les portants épurés des boutiques. C’est l’ensemble de ces coulisses qui donne une identité à chaque pièce. La liste est longue, et il ne vous sera le plus souvent pas possible de vérifier chacun de ces points. Néanmoins, plus nombreuses sont les cases « positives » cochées, plus vous aurez de chance de pouvoir faire confiance à la marque pour sa démarche responsable.

Entrons dans le vif du sujet.

Quels sont les critères à prendre en compte quand on veut s’habiller responsable ?

Les deux points auxquels nous pensons le plus souvent sont l’essence de la matière et sa provenance, le « made in quelque part ».

LA MATIÈRE

Commençons par la matière. Celle-ci regroupe en réalité non seulement son essence (fibres naturelles végétales, fibres naturelles animales ou fibres synthétiques, issues de la pétrochimie) mais également les éventuels traitements chimiques et/ou toxiques que les fibres ont subi afin d’obtenir une matière artificielle (transformation chimique d’éléments naturels), des propriétés spécifiques (imperméabilité, élasticité) et/ou diverses teintes. Tous ces traitements, s’ils ne sont pas naturels, polluent les sols et les eaux et peuvent être nocifs pour la santé des travailleurs et la vôtre.

À cela, nous pouvons ajouter un éventuel épuisement des ressources : matières très demandeuses en eau, appauvrissement des sols dû à l’élevage intensif, déforestation ou utilisation d’hydrocarbures. Il est également intéressant de savoir si la matière du vêtement convoité est issue de fibres ou d’objets recyclés ou, mieux, de revalorisation de matières délaissées.

LA PROVENANCE

Nous sommes nombreux à avoir le réflexe de chercher sur l’étiquette du vêtement ce fameux « made in … ». Celui-ci représente un premier indicateur sur l’empreinte carbone du vêtement ainsi que les conditions éthiques dans lesquelles il a été fabriqué. Mais comme un vêtement n’est que très rarement fabriqué de A à Z à un seul endroit, il est intéressant de se renseigner sur la pièce en question et sur la marque afin de connaître les différents lieux et ateliers ayant participé à la création de notre peut-être future chemise : lieux de conception, production de fibre (production agricole/chimique, filage, teinte et divers procédés chimiques ou naturels). Là s’arrête souvent notre recherche. Et pourtant, ce troisième point est certainement le plus important : les labels. 

LES LABELS

Les labels garantissent des propriétés qui ont été au préalable vérifiées de façon stricte. Le travail a donc déjà été fait pour nous ! Il existe de nombreux labels garantissant de l’impact environnemental, de la non-toxicité du produit, des conditions de travail justes et encadrées, etc. Néanmoins, il est important d’avoir en tête que toutes les marques, notamment les plus petites, ne peuvent financièrement parlant se permettre d’apposer un label sur leurs produits.

Prenez garde aux « faux labels » qui relèvent du green washing ou éthique-washing : un joli logo, comprenant parfois une inscription, apposé par la marque elle-même et qui laisserait à penser du caractère responsable du produit.

Faire ses choix en conscience

Alors cette chemise en lin, vous n’avez pas envie d’en savoir un peu plus sur elle ? Matière (de l’origine au tissu), lieux (au pluriel) et labels. Vous voilà maintenant plus au fait des coulisses et de l’identité que portent nos vêtements.

Ce que nous jugeons le plus important, c’est la TRANSPARENCE de la marque. Difficile d’être parfait et de cocher toutes les cases « positives », mais la moindre des choses, pour nous, est d’être vrai et de ne pas essayer de tromper le consommateur. Afin que celui-ci puisse faire ses choix en connaissance de cause et en conscience.

Sources

« Mon dressing heureux », Céline Séris (La Maison Hachette)
Le compte Instagram Iznowgood

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2 réflexions au sujet de « À quoi faut-il être attentif quand on veut s’habiller responsable ? »

  1. Article très intéressant qui vient nourrir un débat intérieur résolu il y a quelques années quand j’ai décidé de confectionner moi-même toute ma garde-robe. Il reste à vérifier la provenance et les matières des tissus et articles de mercerie… Beaucoup d’achats d’occasion aussi pour les enfants qui tâchent et usent à la vitesse de la lumière. Les habits « techniques » sont les plus durs à remplacer (comme le kimono pour les entraînements de judo de la cadette).

    1. Merci beaucoup, Amandine!
      C’est de super solutions que tu as trouvées là. Pas évident de tracer toute la chaine de production des articles de mercerie et tissus, je te souhaite de bonnes recherches.
      Peut-être bientôt un kimono de judo fait par maman?

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